Introduction : La spiritualité laïque et la méditation

La spiritualité laïque est un sujet complexe à aborder car au-delà de l’aspect psychologique, il soulève des questions idéologiques et philosophiques. En effet, la spiritualité est traditionnellement associée au religieux et donc à ce qui a trait à l’âme, son élévation et son devenir après la mort (paradis, enfer, purgatoire, limbes, réincarnation …).
Cet article explore plusieurs questions :
La spiritualité est-elle une idéologie ? Quelle différence entre idéologie et religion ?
Si l’âme concerne le religieux, alors la spiritualité laïque concernerait … l’esprit ?
Quelles sont les différences entre « esprit » et « âme » ?
Que signifient le terme « spiritualité » et l’expression « spiritualité laïque » ? De quoi parle-t-on ? De pratiques qui ont trait à l’esprit ? Mais « l’esprit » c’est quoi ? Est-ce un concept différent de « la conscience » ?
Que peut apporter la spiritualité ?
Comment Occident et Orient conçoivent la spiritualité ?                                                                                Quels liens entre méditation et spiritualité ?
Quels liens entre psychologie et spiritualité ?

Voici quelques – unes des sources utilisées :

– L’émission de France Culture « Les racines du Ciel » avec pour invité Marc De Smedt. Il s’agit d’un débat autour de ce qu’est la spiritualité laïque, le danger de la réduire à de l’émotionnel.
https://www.franceculture.fr/emissions/les-racines-du-ciel/la-spiritualite-laique-avec-marc-de-smedt
– Un article de J.L. Schreiber : « La spiritualité laïque existe… » : facile d’accès, il pose de nombreuses questions permettant une première approche de ce sujet.
https://www.psychologies.com/Culture/Spiritualites/Pratiques-spirituelles/Articles-et-Dossiers/La-spiritualite-un-nouveau-besoin/La-spiritualite-laique-existe
– Le livre du philosophe Marcel Conche « La voie certaine vers Dieu », 2008, Editions de l’égaré. Là encore, il pose les bases de la spiritualité laïque.
– Un article plus complexe pour comprendre les liens et les différences entre spiritualité et psychologie : « Du spirituel et du psychologique » de Dominique Salin
https://www.cairn.info/revue-etudes-2013-2-page-197.htm

Enfin, des ouvrages pour explorer spiritualité, bouddhisme et psychologie en Chine, où les deux domaines sont intimement liés :
– « Traité de psychologie traditionnelle chinoise Xin Li » de Michel Deydier-Bastide, 2005, Ed. Adverbum.
– « Tao Tö King » de Lao Tseu (auteur présumé), 2002, Ed. Gallimard.
– L’enseignement du Bouddha, (1978), Walpola Rahula, Ed. du Seuil

Avant de rentrer dans le cœur du sujet, une question :

Peut-on associer les termes « spiritualité » et « laïque » ?

Quelques définitions pour pouvoir répondre :

Laïque
Le Larousse définit ainsi ce qui est « laïque » :
– Qui concerne la vie civile, par opposition à la vie religieuse : habit laïque.
– Indépendant des organisations religieuses ; qui relève de la laïcité : état laïque, lois laïques.

Idéologie
– Système philosophique des idéologues du XVIIIe s. et du début du XIXe s., qui se proposaient d’étudier les idées en général et leur origine.
– Système d’idées générales constituant un corps de doctrine philosophique et politique à la base d’un comportement individuel ou collectif : l’idéologie marxiste, l’idéologie nationaliste.
– Ensemble des représentations dans lesquelles les hommes vivent leurs rapports à leurs conditions d’existence (culture, mode de vie, croyance) : l’idéologie des romantiques allemands du XIXe s.
– Système spéculatif vague et nébuleux.

Étymologiquement, l’idéologie est donc la science des idées. Une idéologie est donc un modèle de représentation, basé sur des idées et des valeurs variées, organisant une vision du monde et souvent une projection dans l’avenir. Elle s’accompagne de croyances, préceptes … Une idéologie peut rester marginale ou se répandre, sa force n’étant pas toujours sa pertinence mais surtout sa capacité mobilisatrice.
Tous les systèmes de pensée, philosophiques, politiques et religieux sont par nature idéologiques. Mais une idéologie n’est pas forcément une religion.

Au sens où elle fait partie des représentations dans lesquelles les hommes vivent leurs rapports à leurs conditions d’existence, la spiritualité est une idéologie. Mais ce qui compte ici est de la détacher de l’idéologie religieuse. En ce sens, la spiritualité peut exister détachée d’une idéologie religieuse et donc être qualifiée de laïque.

Voyons maintenant ce qu’est la spiritualité et les notions qu’elle convoque :

Conscience, esprit, âme et spiritualité : définitions

« Conscience », « âme », « esprit » et « spiritualité » : lorsqu’on cherche les définitions et l’étymologie de ces mots, on réalise à quel point en Occident ces notions sont imbriquées et donc difficiles à isoler les unes des autres.

Conscience
Selon le dictionnaire « Le Larousse », la conscience possède deux définitions :
– Connaissance, intuitive ou réflexive immédiate, que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur.
– Représentation mentale claire de l’existence, de la réalité de telle ou telle chose.

Esprit
Selon le Larousse, l’esprit (du latin « spiritus » : souffle) désigne :
– la partie incorporelle de l’être humain, par opposition au corps, à la matière.
– le principe de la vie psychique, intellectuelle ; capacités intellectuelles, intelligence.

Âme
Selon le Larousse, l’âme (vient du latin « anima » : souffle, vie) désigne :
– le principe de vie, de mouvement et de pensée de l’homme, différent de l’esprit, conçu comme activité intellectuelle et fréquemment opposé au corps, du moins dans la tradition judéo-chrétienne.
– Littéraire : le siège de l’activité psychique et des états de conscience de quelqu’un, ensemble des dispositions intellectuelles, morales, affectives qui forment son individualité, son moi profond ; esprit, intellect, cœur, conscience.

Spiritualité
Le Larousse définit ainsi la spiritualité :
– Littéraire : Qualité de ce qui est esprit, de ce qui est dégagé de toute matérialité : La spiritualité de l’âme, de la poésie.
– Ce qui concerne la doctrine ou la vie centrée sur Dieu et les choses spirituelles.
Sur un plan étymologique, le nom « spiritualité » est formé à partir de la racine latine « spir-  » qui signifie « souffle  » et du suffixe « -tus » servant à former des noms. En latin, « spiritus » signifie « le souffle ». On y ajoute le suffixe « -alis » pour former l’adjectif « spiritualis » qui signifie en latin « relatif au souffle » mais aussi à l’esprit (évolution du sens abstrait). Enfin, on ajoute le suffixe » -itas » pour former le nom « spiritualitas ». Son rapprochement avec l’air et la respiration est évident : « esprit, respiration, inspiration, expiration, spirituel, spiritualité ». En grec, « pneuma » signifie « esprit » et pneumatikos « spirituel ». « Pneuma » est retrouvé dans « pneumologie » et « poumon ».

En Occident, âme et esprit sont donc difficiles à départager clairement car leurs définitions sont étroitement imbriquées. On a vu à travers ces définitions comment les concepts se recoupent. « Conscience » et « esprit » se rapprochent à travers le concept de « représentation mentale ». Sans esprit et donc sans capacités intellectuelles, impossible d’avoir conscience de quelque chose, c’est-à-dire de s’en faire une représentation. La spiritualité concerne les choses de l’âme … et les choses de l’esprit … et suppose l’existence d’une conscience.
De fait, la notion de spiritualité reste imprécise : elle concerne l’esprit et/ou l’âme, notions qui recouvrent plus ou moins la même réalité : la partie de l’être humain dégagée de la matière. Etymologiquement, la spiritualité vient de l’esprit, mais esprit vient de « spiro » qui signifie souffle et l’âme signifie « le souffle qui anime »… La spiritualité serait donc dégagée des contingences matérielles et du quotidien. Ainsi opposer une conception bidimensionnelle de l’homme corps /esprit à une conception tridimensionnelle corps /esprit/âme devient compliqué tant les définitions manquent de précision.

La spiritualité en Extrême – Orient

La spiritualité en Extrême – Orient convoque la notion d’énergie vitale qui anime chaque être vivant. Cette énergie vitale est nommée « Prana » chez les indiens, « Ki » chez les japonais et « Qi » chez les chinois. Détaillons davantage la notion chinoise du Qi :
Le Qi est l’énergie qui circule dans le Jing (le corps, la matière elle-même). Le Qi de chaque être humain est considéré comme d’origine innée (le Qi est issu de l’espèce, de la lignée et des parents) et d’origine acquise (le Qi de l’environnement et des aliments est intégré par les vies sensorielles). L’énergie peut être de nature yin (froid, solide, sombre…) ou yang (chaud, léger, aérien…). Yin et Yang s’opposent et se complètent, s’équilibrant mutuellement. Les orientaux travaillent au quotidien sur cette énergie de diverses manières. En effet, le tai chi, le qi gong, l’acupuncture (stimulation par des aiguilles des méridiens où circule le Qi), la diététique (chaque élément apporte un certain type d’énergie qui va nourrir, fortifier ou affaiblir le Qi) (…) visent à réguler cette énergie vitale, la réduire ou l’augmenter et faciliter sa circulation. Selon leur tradition médicale issue de la doctrine taoïste (doctrine athée), la réguler et éviter sa stagnation à des endroits du corps permet d’éviter l’apparition de la maladie. Le Qi mental est nourri par le Qi corporel, il en est la forme la plus pure. Le « Shen » désigne la partie la plus élevée du Qi mental, il est censé être relié à l’univers. Il désigne à la fois l’esprit et le spirituel. Ainsi, le Jing (corps), le Qi (énergie circulant dans le corps) et le Shen (Qi mental et spirituel) sont en lien. Manger sainement, avoir un sommeil de qualité, une sexualité épanouie et des relations sociales satisfaisantes permettrait de prendre soin du Jing et de contribuer à nourrir un bon Qi. Celui-ci est de plus renforcé par l’exercice, l’acupuncture, le Qi gong… Ainsi le Qi pourra alimenter un Shen de bonne qualité qui lui sera renforcé par la méditation, un lien régulier avec la nature et la lecture de textes qui visent à élever la pensée (sacrés ou non). Les médecines traditionnelles indienne et tibétaine développent des conceptions comparables.
En Extrême – Orient, la notion de spiritualité, au sens de sentiment de lien de l’être humain avec l’humanité et l’univers, est intégrée dans la tradition philosophique et médicale. Corps et esprit sont intimement liés.

La spiritualité laïque et la spiritualité religieuse : faut-il, peut-on les opposer ?

La spiritualité laïque (par la pratique assidue de la méditation) et la spiritualité religieuse (par la pratique d’une religion) sont mises en opposition par beaucoup de philosophes et d’hommes de foi. D’autres s’opposent à ce découpage car selon eux, toute méditation est forcément laïque : « Si l’on comprend vraiment de quoi on parle, la méditation, la pratique du calme mental est naturellement laïque par essence, puisque toute forme de pensées, y compris religieuse est mise de côté pendant la pratique de la méditation. Elle peut par contre être intégrée à une voie spirituelle authentique, ce qui lui octroie une grande puissance. » … « L’expression « spiritualité laïque » est aussi un pléonasme, dans la mesure où une spiritualité épanouie est l’objectif véritable d’une religion bien comprise. C’est l’histoire du doigt qui montre la lune. L’important est ce qui est montré, c’est-à-dire la lune, et pas le doigt. Si je me cristallise sur le doigt au point d’en oublier ce qu’il désigne, c’est là que la religion pose un problème. La religion n’est pas laïque, mais le résultat – la spiritualité – est bel et bien laïque. Il ne faut donc pas confondre religion et spiritualités. La religion concerne le moyen utilisé, le spirituel est le fruit. »
http://www.lemondedesreligions.fr/debats/opinions/meditation-laique-spiritualite-laique-que-voulons-nous-vraiment-24-07-2014-4134_200.php

La spiritualité laïque : comment y accéder ?

Que l’on soit croyant en un Dieu (Juifs, Chrétiens, Musulmans), croyant en plusieurs dieux (Hindouistes), croyant en plusieurs religions (l’exemple des Japonais est à ce titre paradigmatique), croyant dans les esprits (religions animistes) ou croyant en l’absence de dieu (athées et dans une moindre mesure agnostiques), nous sommes tous croyants, faute de preuves irréfutables. Dans tous les cas, comment s’occuper de sa spiritualité ?
Une constante se dégage à travers les oppositions et les recoupements des définitions : la spiritualité se trouve au-delà du monde concret, de la physique, elle est donc « métaphysique ». Elle répond aux besoins métaphysiques de l’être humain, c’est à dire ses besoins au-delà des besoins immédiats, concrets, terrestres. Elle correspond à un sentiment de « conscience élargie ».
On prend soin de son corps chaque jour : on fait du sport, on mange sainement, on se soigne si besoin … On prend également soin de son esprit dans son versant cognitif (à travers les études et l’intérêt pour la connaissance au sens large) et dans son versant psychique (on fait la paix avec son passé, on exprime ses émotions, on nourrit son imaginaire à travers la lecture ou le cinéma …).

Mais comment accéder à un sentiment de conscience élargie ?
Pour les personnes croyant en l’existence d’un ou plusieurs dieu(x), la pratique de leur religion, quelle qu’elle soit, permet cela. En effet, réfléchir sur les grands mystères de l’existence par le biais de la religion (qu’y a-t-il avant notre naissance et après notre mort ? Comment sommes-nous liés les uns aux autres ? …), permet d’accéder à un sentiment « d’élévation », de conscience « élargie », dégagée des contingences du quotidien mais sans pour autant recourir à la fiction. Or tout être humain a besoin de cette élévation spirituelle, de ce sentiment de lien : lien avec l’univers et lien avec la communauté des humains au-delà des liens du quotidien.

Comment accéder à cette partie plus élevée de nous-mêmes lorsqu’on croit qu’il n’existe aucun dieu, aucune force supérieure ?
Plusieurs voies sont possibles. D’abord, celle de la philosophie bouddhiste. Le bouddhisme n’est pas une religion révélée. Il est une philosophie et une religion sans Dieu créateur. Siddhartha Gautama, appelé plus tard Bouddha, serait né vers 560 av.J.C. en Inde. Il n’est pas un dieu. Homme vivant dans l’opulence, il se serait détourné des biens matériels, méditant de longues années pour finalement atteindre « l’Eveil », état de connaissance qui s’oppose à « l’ignorance ». Ainsi il sortit de l’hindouisme et fonda le bouddhisme. Même s’il y a une croyance en des entités spirituelles dans le bouddhisme, il n’existe pas de Dieu créateur comme dans le judaïsme, le christianisme et l’islam. En ce sens, sa philosophie convient aux athées, aux agnostiques et peut cohabiter avec les autres religions. Il existe un débat entre ceux qui se disent « catholique et bouddhiste » et ceux qui pensent qu’il « faut choisir son camp ». Il est possible de poser la question autrement : « faire son marché » en choisissant ce qui plaît dans telle ou telle religion ou s’autoriser à sortir de carcans religieux enfermants ? Même si cette question comporte un volet psychologique, cet article n’a pas vocation à entrer dans ce débat.
S’intéresser au bouddhisme a donc permis à des occidentaux de trouver des réponses à leurs questions métaphysiques. En effet, les notions d’interdépendance (tous les êtres sont liés) d’impermanence (tout change) et, pour certains courants bouddhistes, de réincarnation, offrent des réponses aux grandes questions existentielles : « L’éternel présent est au cœur de l’impermanence unissant dans l’interdépendance tous les êtres vivants. » Enfin et surtout, le bouddhisme suppose la méditation qui est une pratique favorisant un accès à un état de conscience élargi.
Pour les autres, ni croyants en un ou plusieurs dieu(x), ni sympathisants bouddhistes, l’autre voie d’accès est la méditation. «Mindfullness », « zazen » ou autre, même pratiquée en groupe, la méditation est toujours solitaire. Mais elle doit rester solidaire. Les grands méditants se sentent reliés aux autres lors de leur méditation.  Elle n’est pas non plus un moyen d’accéder à un bien-être égoïste. La méditation peut  être totalement laïque. Pratiquée régulièrement, elle permet d’installer durablement chez la personne ce sentiment d’élévation spirituelle, de conscience élargie de faire partie d’un tout.

Il est important de préciser que la spiritualité ne peut être réduite à de l’émotionnel (être ému devant un beau paysage ne suffit pas pour parler de spiritualité) car il y a une notion de rigueur, d’exigence, de régularité dans la pratique, de transcendance.

Spiritualité laïque, méditation et psychologie

En 2010, un article de M..R. Persaud, psychiatre américain relate les résultats d’une étude : « Une longue étude, au cours de laquelle des individus ont été suivis pendant un an, a montré que la religion, et plus encore la spiritualité sans lien avec une religion formelle, apparaissaient comme impuissantes à aider qui que ce soit à se sortir d’un moment de déprime, et pourrait même être un facteur aggravant. » (https://m.huffingtonpost.fr/dr-raj-persaud/la-religion-et-la-spiritualite-depression_b_3963728.html).
Mais depuis, d’autres études autour de la méditation sont arrivées à des conclusions opposées. Une étude, parue en 2011, témoigne des résultats suivants : après huit semaines de de sessions quotidiennes de trente minutes de méditation, les participants voyaient une augmentation de la densité de matière grise dans l’hippocampe, connu pour être important pour l’apprentissage et la mémoire, et dans les structures associées à la conscience de soi, la compassion et l’introspection.
https://news.harvard.edu/gazette/story/2011/01/eight-weeks-to-a-better-brain/

Différentes études ont montré que la méditation limite le stress, l’anxiété et le risque de dépression. Dans une étude belge portant sur quatre cent jeunes âgés de 13 à 20 ans, ceux qui ont suivi un programme de méditation de pleine conscience montrent moins de signes de dépression, d’anxiété et de stress que les autres, jusqu’à six mois plus tard. Ces jeunes avaient moins de risque de développer des symptômes dépressifs. En 2014, une revue ayant analysé 36 essais cliniques randomisés contrôlés concluait que la méditation pouvait réduire les symptômes de l’anxiété.
https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/vie-top-5-bienfaits-meditation-63685/

Elle apparaît aussi comme une alternative sérieuse et efficace aux antidépresseurs pendant la dépression et après pour éviter les rechutes.
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/depression-la-meditation-est-aussi-efficace-que-les-antidepresseurs_19521

Un bémol existe tout de même : « (…) le psychiatre Christophe André indiquait que la méditation en pleine conscience pouvait être utile en médecine, dans les troubles anxio-dépressifs en particulier mais aussi dans de nombreuses autres indications, mais à déconseiller dans certains cas, notamment « quand le patient va trop mal ». »
https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2019/05/13/la-meditation-saccompagne-de-25-dexperiences-desagreables_868872
Il s’agit donc, en tant que clinicien, de déterminer lorsque la méditation est une indication favorable ou non.`

Utilisée à bon escient, la méditation procure donc à court terme un apaisement émotionnel et à long terme, un recul face aux événements de la vie qui est bénéfique à la gestion des émotions et donc à la santé (psychique et physique). Au-delà de ça, pratiquée de manière régulière, elle permet l’accès à une spiritualité laïque.

Conclusion

Lorsque l’être humain se sent « mal » (ennui, colère, solitude mal supportée, période de séparation, difficultés relationnelles avec des proches, perte d’emploi, craintes financières, maladie, perte du sens de l’existence …), lorsqu’il est confronté à une angoisse de perte ou une angoisse de mort (pas toujours identifiées comme telles), plusieurs possibilités avec une valeur adaptative s’offrent à lui : le soutien de ses proches, les habitudes qui réconfortent, le sport (« vide la tête » et fait sécréter des endorphines), l’investissement professionnel, l’engagement pour une cause, les activités créatrices, les arts qui nourrissent l’imaginaire … Mais parfois, tout ça ne suffit pas. Cela peut être le signe d’un manque de mentalisation (la raison du mal-être n’a pas été suffisamment décortiquée, analysée et donc mentalisée) et d’un manque d’extériorisation (pour diverses raisons) des émotions attenantes qui continuent de « tourner à l’intérieur ». Mais cela peut être aussi le signe, lorsque le problème a été bien analysé, les émotions exprimées et les sources de positif (réseau des proches, habitudes agréables, sport, art …) suffisamment « utilisées » qu’une autre dimension demande à être nourrie : la dimension métaphysique de l’être humain, sa spiritualité.
La spiritualité, par le sentiment de conscience élargie qu’elle permet, favorise un sentiment d’équilibre général. Au-delà de ses bienfaits sur la gestion des émotions, si la méditation régulière, et donc l’accès à une spiritualité laïque, connaît un tel engouement dans nos sociétés occidentales où la religion a reculé et où matérialisme et individualisme ont primé depuis les trente glorieuses, on peut se demander si ce n’est pas simplement parce-qu’elle vient répondre aux besoins métaphysiques de l’être humain.